Je copie colle ici une série d’échanges passionnants que nous avons eu dans un groupe whats app et qui se perdrait sinon. Bonne lecture !
Un de mes élèves a la maladie de Parkinson.
C’est un élève assez autonome : il sait utiliser des accessoires même si je ne le précise pas ; il s’écoute, adapte par lui-même et fait des pauses quand il en a besoin, ce que j’encourage tous mes élèves à faire. Il pratique aussi seul chez lui.
Néanmoins, j’aimerais pouvoir l’accompagner davantage. Mais je ne sais pas trop comment faire. Je connais mal les limitations provoquées par la maladie. En plus, c’est un grand costaud, mais la maladie génère des fragilités (équilibre, raideurs musculaires) et je n’ose donc pas trop l’ajuster manuellement.
Si l’une ou l’un d’entre vous a déjà eu l’occasion d’accompagner un élève souffrant de cette maladie, je suis très intéressée par votre retour d’expérience.
Je vous propose qu’on aide maintenant Marie Laure avec son élève atteint de la maladie de Parkinson.
Comme d’habitude je vous pose des questions et je reviendrais commenter plus tard à partir de vos réponses. 
• quelle est la position/posture typique « du Parkinson » que l’on cherche à éviter (excusez-moi cette familiarité) ?
• au niveau gestuelle / motricité que savez vous de ces patients, qu’est ce qui s’observe?
• est ce que vous connaissez la durée moyenne de la Lune de Miel de la maladie ( c’est à dire la période de vie durant laquelle le patient est diagnostiqué, traité, mais que finalement sa motricité est peu impactée?)
chacun répond même un mot, une idée, une croyance, une supposition et nous ferons le tri. Ce n’est pas grave de se tromper, c’est comme cela qu’on apprend et ce groupe est bienveillant. 
Je n’ai jamais eu à faire à cette situation, mais je pense que si la personne est en mesure de faire du yoga c’est que la volonté d’aller mieux ou de maîtriser la maladie est là et c’est déjà un grand pas et déjà du yoga ! Je pense que l’essentiel serait de maîtriser la respiration et de lui proposer des postures simples en insistant sur la respiration et des postures d’équilibre sans tenir forcément trop longtemps… Favoriser l’estime de soi par la réussite plutôt que de chercher à « performer »
Manque d’équilibre et tremblements des membres supérieurs !
Tremblement, perte d’équilibre et mouvement lent. Je ne sais pas pour la « lune de miel »
Tremblements, troubles de la coordination motrice donc posture biaisée et manque d’équilibre ?
Tout est à découvrir. 
Ainsi que voir quelles réponses ou aménagements thérapeutiques sont identiques aux pathologies entraînant des tremblements/instabilité/mouvements involontaires
.
Merci !
Parfait vos observations sur l’évolution de la maladie de Parkinson : on va essayer de ralentir l’apparition de
• position fléchie en avant => parkinson = le skieur. On propose des extensions +++
• sensation d’un tronc monobloc, perte des torsions
• chute en avant « comme happé en avant » = festination => risque de chute ++
• blocages = freezing,
• souvent tremblements de repos,
• rigidité, raideurs, douleurs
• Perte de la coordination, de la rapidité d’exécution, de l’équilibre, des réflexes posturaux
• difficulté à se relever du sol (non spécifique à Parkinson mais passages au sol très importants à travailler)
• lune de Miel = période de 5-10 ans parfois 15 durant laquelle les patients répondent bien aux traitements on fait le maximum de prévention / exercices / Activité physique pour maintenir les capacités physiques et l’autonomie.
Bravo à tous, collectivement vous avez très bien décrit le patient « typique ». Bien sûr il y a des tableaux cliniques très différents et ce qu’on va proposer va dépendre de la personne.
Là encore vous enseignez le yoga, votre objectif n’est pas la rééducation. Et il faut bien clarifier cela avec votre élève (qui va sans doute déjà chez le kiné ou avec une APA).
En yoga si vous voulez l’aider, savez-vous citer des postures/asanas d’extensions abordables?
Je pense que je partirai sur des exercices de yoga sur chaise quoi qu’il en soit car il sera sécurisé et moins fatigué par la suite car cela peut justement entraîner beaucoup de fatigue et de freezing s’il va trop loin (je l’ai vécu après de la Zumba sur chaise
).
Du coup les mouvements seront centrés sur de l’échauffement si on peut dire. En répétant de rester le buste le plus droit possible et de bien respirer. Le chat vache pour inciter dos creux pour aller au contraire de la position skieur, des exercices de rotation puisque Muriel parle de monobloc du tronc, lever les bras comme la montagne (voire les mettre en cactus pour ouvrir le coeur), lever les jambes 1 à 1 avec genou fléchi et surtout l’autre pied bien à plat… voici mes quelques idées 
Très intéressant de ne pas « performer » une personne atteinte de P.
Ne pas oublier qu’il s’agit d’une maladie Neuro dégénérative donc quid du cerveau,le solliciter bien sûr mais lui trouver la juste mesure .
Yiengar,lui même disait « ce n’est pas le corps qui s’adapte à la posture ,mais la posture qui s’adapte au corps » tout est dit !
Bonjour
Mes élèves quand ils arrivent, sont souvent dans cette performance
Et à force de leur dire, c est le yoga qui s adapté à toi
Tu vas vers pas dans
On comprenne aller moins loin, d accepter les options, les briques, les variantes.
Et encore plus dans le yin.
Et cette année j ai une élève qui d ailleurs m en a fait la remarque " j ai compris qu en yoga , on est pas obligé de faire"
Bonjour pour les postures en lien avec Parkinson Je pense à des ananas ouverture du coeur en dymanique avec petite amplitude. Au lieu de chat vache, plutôt table/vache, sautrelle/ pranam, ou petite cobra. Pour aller plus loin, petit chameau, anjaneyasana avec pulsions légères. 
**Réponse de Muriel
**
je module juste un point :
"Je pense que je partirai sur des exercices de yoga sur chaise quoi qu’il en soit car il sera sécurisé et moins fatigué par la suite » => oui et non.
La chaise = position de flexion des hanches /genoux (pense au skieur) donc un travail au sol permettra plus d’extension.
Passer au sol et se relever = c’est aussi une capacité fonctionnelle très importante à conserver.
Mais bien sûr, cela dépend de l’élève et comme vous le notez tous de sa fatigabilité.
comme je suis kiné, j’ai un biais cognitif qui consiste toujours à corriger / maintenir / renforcer…. Et tu as raison de souligner que ce n’est pas l’objectif du yoga. D’ailleurs ces patients sont déjà suivi en rééducation ou APA et quand ils viennent en yoga c’est pour vivre autrechose.
Effectivement les backbends / ouverture de coeur seront probablement difficiles (tout dépend du stade d’évolution quand même => mais vous pouvez viser la verticalité ou le plat ventre.
J’adore le travail des fentes au sol/ chevalier servant idéalement avec un appui devant pour justement pouvoir redresser le buste.
Un indispensable aussi = le demi pont.
Le travail statique ou passif = aide car lenteur + rigidité (d’origine neuro)
Le travail dynamique = aide à maintenir la coordination, les réflexes posturaux…