Yoga, autisme, TDAH

Yoga, Autisme et TDAH : derrière ces trois mots sonnant froidement se cache une formidable aventure humaine.
Aujourd’hui, je vous propose d’y ajouter toute la chaleur et la générosité de Jenny Leclerc, que j’ai eu la joie de recevoir en interview à l’occasion de la sortie de son livre éponyme. Attention, coup de cœur. Jenny, c’est la résilience incarnée
!

Avant tout, Jenny est maman de deux enfants diagnostiqués autistes et TDAH. Dans cette épreuve, le yoga a d’abord été pour elle une bouée de sauvetage personnelle. Je profite de ces lignes pour adresser tout mon soutien aux familles concernées qui me liront peut-être.

Jenny est ensuite devenue professeure de yoga, formée auprès de Maryse Lehoux, qui est également co-autrice de ce livre et qui est bien connue en France pour son univers Diva Yoga. Naturellement, une question s’est imposée à Jenny : comment le yoga pouvait-il aider ses filles ?

Au fil de notre échange, elle évoque le yoga des 8 sens, ou yoga de la sensorialité : une approche essentielle pour mieux comprendre les comportements des enfants à besoins particuliers et les accompagner avec bienveillance.

Son message est simple et puissant : le yoga peut soutenir les familles touchées par la neuroatypie, apaiser les enfants comme leurs parents et renforcer le lien familial, là où le quotidien, les comportements dits à problèmes et le regard sociétal conduisent souvent à l’épuisement.
Chaque graine semée compte… et je suis heureuse de pouvoir, à mon tour, en semer une à travers cette interview.
**Belle écoute et belle découverte !
**

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Bonjour à tous et merci Muriel pour ce dialogue avec Jenny que j’ai écouté avec beaucoup d’attention.

Je suis professeur de yoga et AESH (assistant d’élèves en situation de handicap) mais au sein d’une structure unique en France. L’établissement dans lequel je travaille est officiellement une école primaire mais auparavant c’était une école spécialisée (celle-ci ont été fermées il y a plusieurs années), la mienne est restée ainsi. Officiellement nous sommes une école primaire, officieusement nous sommes un lieu de transition pour des enfants lourdement handicapés dans l’attente d’une structure plus “adaptée à leurs besoins “…

Bref… Nous accueillons des enfants don’t les écoles ordinaires ne veulent plus et qui sont dans l’attente d’être acceptés dans des structures spécialisées… et cela dure plusieurs années…

Nous accueillont des enfants diagnostiqués ou pas car les spécialistes en la matière aujourd’hui refusent de faire des diagnostics avant un certain âge… Néanmoins tout porte à croire que la plupart d’entre eux présentent des troubles TSA, TDAH ou psychotiques (mais ce n’est pas notre sujet).

Et j’avoue que je ne reconnais pas les enfants que nous avons dans l’interview de Jenny Mais cela n’est pas une critique.

J’ai la possibilité de proposer du yoga aux enfants que nous avons .

Cependant aucun des enfants que nous accueillons (une trentaine) rentent dans les cas decrits par Jenny… :disappointed_face:

Nous n’avons aucun enfant capable de s’exprimer de manière suffisamment claire oralement. Certains sont verbeux cad qu’ils produisent des sons mais ne sont pas dans la capacité de s’exprimer clairement..
Construire une séance de yoga collective est donc pour moi impossible mais je me retrouve demunie même si j’ai qu’un seul enfant….

Dans l’interview avec Jenny il est question de postures, c’est impossible pour moi de les installer dans une posture alors les enchaîner….

Pourquoi ? Car ils ne sont pas en capacité d’entendre… ils sont vraiment dans leur bulle.

Alors les pranayama… Même pas la peine d’y penser… les enfants dont je m’occupe ne sont pas capables dans le meilleur des cas de distinguer respirer par la bouche ou par le nez. Dans le meilleur des cas ils arrivent à respirer par la bouche… car ils ne perçoivent aucune differentce nez VS bouché.

Autre point important ils ne sont pas dans la capacité d’entendre, d’écouter une consigne…

Autre point :la “crise “: crier, se mettre à l’écart est ce une “crise “?… Dans la minimale formation que j’ai eu… non. C’est quoi une crise ?

Mettre en danger la santé d’autrui ou de l’enfant lui-même, chose à laquelle je suis confrontée chaque jour….

Jenny parle beaucoup du toucher, 100% des enfants dans notre établissement ne supportent pas le toucher… ou s’ils le tolèrent c’est eux qui viennent vers nous, sur un temps très court.

J’ai récemment pu installer un hamac de yoga, je laisse les enfants faire comme ils le souhaitent, je les aide à monter au besoin et j’ai pu remarquer que la plupart se tournent naturellement vers des positions inversées et que cela semble les apaiser. Donc je suis contente…

Autre point sur lequel j’aimerais témoigner c’est que les enfants neuro-atypiques ont des problèmes digestifs. Ces troubles sont souvent accentués par la prise de traitement. Comment inclure des postures ou du moins des positions à visée viscérale ? Sachant c’est un point qui me paraît important car on parle du deuxième cerveau voire du cerveau tout court et que cela crée de l’inconfort…

Voilà je pense avoir fait le tour… Je m’excuse car j’ai l’impression que sur le forum je passe mon temps à partager mes difficultés…

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Merci pour ton partage d’expérience, Audrey.

Dans l’interview avec Jenny, nous avons surtout parlé des cours collectifs car cela correspond plus aux besoins de mon audience (tout est de ma faute :sweat_smile: ). Ton cas est plus spécifique. Je vais informer Jenny de ce post et elle pourra peut être t’amener quelques réponses plus précises pour ces enfants, plus lourdement handicapés.

Dans l’ interview, Jenny précise bien que tous les enfants ne peuvent pas être pris en cours collectif et qu’elle réalise aussi des séances individuelles et notamment des séances parents- enfants, son choix de cœur.

Pour le toucher, comme pour les 8 sens, elle détaille bien que chaque sens peut être affecté en hyper ou en hypo. Ainsi, certains enfants vont refuser le toucher car ils le ressentent trop pleinement.
Alors il faut se poser la question pour tous les autres sens et réfléchir à l’impact d’une posture comme Balasana où le ventre touche les cuisses, les bras touchent le tronc etc. etc.

Bravo pour l’initiative du hamac et de l’inversion. Tes enfants sont peut être en déficit de ressenti vestibulaire et sont apaisés par cette stimulation.

Pour la partie digestive, as-tu regardé mes trois cours? je pense que l’impact le plus important est celui de la respiration et du massage, et malheureusement c’est une possibilité de soins auquel tu n’as pas accès pour ces enfants. Peut être une bouillotte chaude?

Enfin le forum est là pour ça pour t’aider dans tes difficultés. N’hésite jamais à les partager. J’aimerais ajouter que Jenny a beaucoup parlé de la frustration que tu ressens et elle n’a cessé de valoriser chaque graine semée. Sois sûre de l’importance de ta présence auprès de ses enfants et de leur famille, même si tu te sens souvent démunie, le Yoga ne peut pas tout et tu fais de ton mieux.

Bonjour Audrey,

Tout d’abord, merci pour ce beau retour d’expérience que vous nous faites ici.

Je comprends que vous ne reconnaissiez pas les enfants que vous accompagnez dans l’interview que nous avons réalisée. Comme vous le savez, l’autisme est un spectre. On pourrait dire la même chose pour les enfants en situations de handicap. Le livre et l’interview abordent le sujet en se basant à la fois sur de la théorie pour la sensorialité, l’autisme et le TDAH mais surtout sur l’expérience que j’ai développée auprès de ce public. Comme je le mentionnais j’interviens en crèche, en centre de loisir, en structure adaptée qui propose du répit mais je n’ai pas eu l’occasion encore d’intervenir auprès d’enfants dont les possibilités sont encore différentes et qui pour ces raisons ne peuvent pas être accueillis dans les écoles ordinaires.

Si je devais alors intervenir dans des structures spécialisées comme la votre ou en IME il me faudrait adapter davantage la pratique à ce que j’observerai chez ces enfants, comme vous le faites très bien.

La connaissance de l’autisme, du TDAH et de la sensorialité et des bienfaits du yoga me serait indispensable mais l’adaptation l’est encore plus.

Concernant « la crise », il s’agissait de reprendre un mot dans une des questions posées. C’est un mot qui revient souvent chez les parents, les professeurs et qui permet de se faire comprendre. Effectivement selon le contexte on peut redéfinir ce qu’est une crise. Tout comme j’ai pu suivre une formation officielle dans le domaine de l’autisme qui était nommée « gestion des comportements à problème », à quel moment définit-on un comportement comme problématique ? Ça peut même être choquant à entendre.

A mon sens, la pratique du yoga auprès de ce public peut se faire en limitant le toucher si c’est ce qui convient. On peut même ne pas parler. On peut suggérer en faisant soi-même et peut-être que par imitation quelque chose peut s’engager.

Le hamac va apporter une belle stimulation sensorielle qui peut plaire à certains et déplaire à d’autres. C’est super d’avoir pu l’installer et d’observer leurs réactions. Je vous rejoins sur les inversions. De nombreux enfants s’allongent sur leur lit ou un canapé et laissent basculer leur tête en arrière dans le vide. Il y a là une stimulation visuelle (voir à l’envers) et vestibulaire entre autres.

Concernant les troubles digestifs, je trouve votre remarque très pertinente. Effectivement ce point n’a pas été abordé, il y aurait tant d’autres choses à dire. Je parle par exemple dans le livre que ressentir ce qui se passe à l’intérieur est aussi difficile pour certains (la faim, la soif, le besoin d’aller aux WC, le besoin de se remplir en mangeant de grandes quantités…). Si vous savez quels sont les problèmes digestifs dont souffre un enfant, votre pratique auprès d’eux pourrait être justement d’apporter un soulagement par le yoga. Par exemple une torsion couchée en cas de constipation. Les jambes au mur ou le papillon couché sur le dos en cas de diarrhée ou maux de ventre. Votre connaissance du yoga et des effets des postures sur le système digestif va vous aider pour adapter et voir si ce qui fonctionne. Le système digestif et le système nerveux étant étroitement liés vous apporteriez alors une réponse à la fois sur la digestion mais aussi sur la relaxation.

Pour finir je voulais vous dire qu’il m’est arrivé en centre de répit d’avoir des enfants non verbaux qui regardent mais ne font rien tout seul. L’un d’entre eux après m’avoir vu aller dans la posture des jambes au mur a su clairement manifester son envie de faire cette posture. La seule de la séance pour lui. Il a marché jusqu’au mur, s’est assis et voilà. Il m’a fallu le placer dans la posture en positionnant ses jambes. Il s’est laissé faire et tout de suite nous avons pu voir une détente s’installer. Je n’ai pas parlé, j’étais juste là, présente à l’écoute bien qu’il n’y ait pas de mots.

Vous faites du mieux que vous pouvez avec les enfants et leurs possibilités. Votre présence, votre bienveillance et l’accueil de ce qui est valent parfois mieux que toutes les pratiques du monde. Les enfants ont besoin de personnes comme vous sur leur chemin.

N’hésitez pas si vous avez d’autres questions et suis 100% d’accord avec les suggestions de Muriel.

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Merci infiniment Jenny d’avoir pris le temps d’une réponse aussi complète ! Quand je parlais de la générosité de ton partage, tu nous le démontres encore ! :heart:

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Oui merci infiniment Jenny pour votre retour et je souhaite y réponde de manière posée car cela est nécessaire. Le temps me manque en semaine donc, je prendrai un temps ce week-end pour reprendre les points que vous soulignez Jenny car c’est vraiment important :folded_hands:

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Bonsoir Jenny,

Merci pour ce long retour suite à mon message.

Oui l’autisme est un spectre, d’ailleurs cela me pensait à une parole d’une enseignante spécialisée travaillant dans notre école: “il y a autant de formes d’autismes qu’il y a d’autistes.” Bien entendu qu’il est possible de faire des regroupements de “traits” ou “caractéristiques” mais impossible de généraliser. Et depuis quelques temps, face aux profils tellement différents que nous avons, j’utilise et c’est personnel le terme de neuro-atypie. Pourquoi? Car selon moi, qui ai pourtant souhaité avoir plus d’informations sur les enfants, je me rends compte que cela n’est pas toujours “important” ou du moins que tout ne l’est pas. Certains éléments de la vie, du passé de l’enfant sont parfois, pour moi, plus utile qu’un diagnostique. Et une autre chose fait sens à mes yeux, c’est l’observation: comment l’enfant réagit par rapport à son environnement (autre enfants, adultes, enseignants, milieu dans lequel il évolue etc.). C’est long mais parfois cela permet d’essayer certains “trucs” comme des attitudes, une façon de parler et parfois cela fonctionne et à ce moment là pour moi c’est une “pépite” pour reprendre l’expression de Muriel par rapport à nos élèves: j’observe que telle parole ou telle action ou telle non action va me donner une piste pour aborder un enfant et franchement, c’est déjà beaucoup. J’ai appris que face à la neuro-atypie il fallait, du temps, de la patience et savoir se satisfaire d’un presque rien…

Même si j’ai évoqué mes difficultés avec le touché avec les enfants dont je m’occupe, je sais que l’aspect sensoriel ne passe pas forcement par un contact physique mais que cela peut passer par des objets. Et je pense que votre ouvrage peut être une aide pour moi.

Ce que j’exprime jusqu’ici c’est comme vous le dites très bien: l’adaptation… Qui pour moi est en étroite relation avec l’observation, la patience, l’humilité (ne pas chercher à tous prix à rendre ces êtes neurotypiques… Ca ils ne le seront jamais et ce n’est pas grave… Pour moi la chose la plus importante est de tenter d’atténuer, même un petit peu leurs souffrances, leur permettre un tout petit peu de répit).

Concernant le terme de “crise” plus rien de me choque… L’important au sein de la structure où je travaille c’est que tout le monde (car nous sommes plus d’adultes que d’enfants) soit ok sur la définition puisque cela engendre une réaction, intervention de notre part et que tous les adultes ne se sentent pas forcement capables de répondre à une crise (peu en fait…).

Je partage votre avis également sur le fait de ne pas toucher et de créer une potentielle imitation. Et comme toute chose n’arrive jamais par hasard cette semaine a été riche pour moi.

Nous avons une salle de motricité, j’aimerais convaincre l’enseignante avec je travaille que c’est un lieu important pour les enfants. Il y a un parcours que nous changeons régulièrement. Ca m’est bien égal de me réjouir du fait que l’enfant réalise parfaitement ce parcours. Pour moi c’est une zone d’expression corporelle libre. J’aime laisser l’enfant avec lequel je suis le laisser faire. J’accompagne l’enfant de près si je sens qu’il peut se faire mal ou faire mal à autrui mais autant que possible je le laisse en autonomie. Et je m’occupe d’un enfant pas autiste mais qui peut être “violent” (il mord, il tape, il tire les cheveux, cela fait partie de sa pathologie) donc j’essaie d’empêcher qu’il ait un contact avec autrui. En fin de séance, moment de calme avec musique calme, je m’installe non loin de lui et j’en profite pour moi aussi me “détendre”, je fais la posture du chiot et je remarque qu’il fait pareil! J’ai été sidéré car je ne n’aurais pas pensé qu’il été capable d’imitation . Je m’assoie en tailleur et me couche devant moi, il fait pareil… Petite “victoire”, tilt je me dis que s’il m’imite à ce moment là c’est qu’il certainement capable de le faire à d’autres… Cela fait 3 ans que je travaille avec lui et je découvre cela cette semaine!

Et lorsque je sors de la posture, je viens me m’assoir au sol dans une “espèce” de posture du bâton mais hanche en rotation externe, genoux fléchis et j’ai une enfant “TDAH” qui vient se jeter entre mes jambes et m’étreindre… Pourtant avec elle je suis plutôt ferme… Elle se blottie entre mes jambes et contre moi, je l’enserre avec mes bras et fais des ballotements de droite à gauche, elle reste. Pour moi c’est beaucoup…
Et dernière expérience inattendue de la semaine. Nous avons un enfant avec lequel je ne suis pas en classe mais souvent en récréation car du haut de ses 7 ans c’est un gaillard trapu qui fait 10kg de plus que moi et qui se retrouve en crise s’il n’obtient pas ce qu’il veut, en l’occurrence pendant la récréation un vélo en particulier. Sauf que ce vélo est convoité par d’autres et que partager ce n’est pas du tout son “truc”. Lui montre un trouble du spectre autistique. L’objectif de son enseignante est de lui faire comprendre qu’il doit partager… Je donc exécuter… Il a le droit de faire 5 minutes de vélo et 3 minutes où il n’est pas sur ce vélo. 3 minutes cela peut sembler court mais face à lui c’est très long. Il doit rester assis sur une chaise… Cela implique de “contenir” l’enfant sur sa chaise. De part mes formations (Merci Muriel et d’autres) j’y arrive sans risque pour mon corps. Et en termes d’énergie je cherche à être capable d’assurer toute la récréation (une demie heure, c’est long au regard des circonstances…), alors en même temps que je contiens l’enfant je cherche à recharger mes batteries, je pratique une respiration complète (yogique). Et je constate que cet enfant se rapproche de mes narines (?), j’ai l’impression qu’il cherche à capter mon souffle… Alors j’inspire par le nez, j’expire par la bouche. Sa bouche se rapproche de la mienne, nous sommes très proches mais j’observe qu’il lâche sa “rigidité”, qu’il s’apaise. Pourquoi? Je ne sais pas, est-ce que c’est parce que il respire mon CO2, ce qui peut être bénéfique en cas d’anxiété. Peu importe cela fonctionne… Ouf.

Et puis autre cas avec un enfant '“TDAH” vendredi pendant la récréation. Je ne suis pas sensée m’occuper de lui mais j’observe que ma collègue est un peu en difficulté. Je sais que cet enfant apprécie les percutions thoraciques en émettant le son “a”. Je vais vers lui, j’émets ces percutions et il se “calme”, il prend son pouce dans sa bouche, ses paupières se ferment, très bon signe de détente chez lui même son enseignant n’en revenait pas. Et oui, la joie d’un bon transverse et d’un bon périnée … Je peux faire durer les percutassions thoraciques assez longtemps pour qu’il semble “apaisé”, tilt, petite victoire…

Pour finir car j’ai été très longue… Concernant les troubles digestifs, je suis obligée d’évoquer l’ayurvéda… Je ne suis pas une spécialiste mais à travers mes formations j’y suis initiée… Ces êtres sont pour la plupart vata, le premier des doschas à être déséquilibré… Que cela soit en termes de constipation ou de diarrhée. Les parents ou tuteurs de ces enfants n’ont pas conscience de l’importance de ce point et donc ignorent l’importance de l’alimentation… Alors pour aider les enfants, je les mets dans des postules favorisantes l’évacuation pour ceux ont c’est nécessaire (cela passe aussi par du massage (car je suis aussi masseuse) et pour les autres, je cherche à réduire le temps de la digestion, point difficile …).

Voilà mo, “modeste” retour d’expérience…

Bien à vous,

Audrey.

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Merci pour ton partage Audrey, c’est très éclairant. Tu décris avec beaucoup de précision tes séances.
N’hésite pas à partager tes pratiques ayurvédiques.
Pour les troubles digestifs, cela peut être aussi, s’allonger à plat ventre sur un coussin/ un ballon souple et juste rester dessus (pour y respirer).
ou s’allonger à plat dos jambes repliées en boule avec un zafu sous le bassin ce qui fait une inversion.

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Merci Muriel,

En fait je ne fais pas de séance :sweat_smile:, j’improvise en fonction d’une situation ou si un enfant a besoin de s’isoler…

C’est gentil de me proposer d’évoquer l’Ayurveda, très complémentaire pour moi du yoga d’un point de vue holistique et en matière de yoga à visée viscérale.

De ce fait, je fais un court résumer pour les personnes qui ne connaissent pas et cela s’applique à tout le monde, pas que aux enfants neuro-atypiques.
L’ayurveda est la médecine indienne traditionnelle.

On parle de 3 doshas (des constitutions en termes d’énergie, de métabolisme, d’humeur, de caractère etc.). Il en existe 3 principaux: Dans l’ordre (car du premier découlent les 2 autres); Vata, Pitta, Kapha. Ces doshas sont associés aux 5 éléments (il en existe 5 en ayurveda): Vata: éther et air; Pitta: feu et eau; Kapha: eau et terre. L’individu est constitué dès sa conception d’un dosha dominant, d’un dosha secondaire, d’une quasi égalité de 2 doshas ou à égalité des 3 (ce qui n’arrive jamais, c’est la perfection :sweat_smile:). Les 5 éléments sont en lien avec 5 états de matières. Les doshas sont également présents dans des parties de notre corps bien précises que cela soit les organes, les os, la lymphe etc. Et ils sont tous en lien avec un organe digestif.

Vata: côlon, cuisses, hanches, oreilles, os et organes du toucher. Son emplacement principal est le côlon.

Pitta: intestin grêle, estomac, sueur, glandes sébacées, l’hémoglobine, lymphes et organes de la vue. Son emplacement principal est l’intestin grêle.

Kapha: poitrine, gorge, tête, pancréas, côtes, estomac, lymphes, graisses, nez et tête. Son emplacement principal est l’estomac.

A ces éléments correspondent des “qualités” (par qualité ce n’est pas ici l’inverse du défaut). Il y a 20 qualités fondamentales qui sont constituées par des paires d’opposés:

froid/chaud; lourd/léger; Lent/rapide; sec/huileux; lisse/rugueux; liquide, solide; mou/dur; mobile/statique; grossier/subtil; collant/non collant.

Ces qualités sont plus ou moins présentes dans chaque individu en fonction de sa constitution ayurvédique, de son ou ses doshas dominants.

Et a chaque dosha est attribué des qualités. L’ayurveda part du principe que le semblable renforce le semblable. Par exemple vata est, entre autres, froid, sec, léger. En termes d’alimentation pour tenter de garder ce dosha “équilibré”, neutre, il faudrait plutôt se tourner vers de la nourriture chaude, humide et qui tient au corps. En réalité c’est beaucoup plus complexe que cela! Tout n’est pas lié à l’alimentation, d’autres facteurs influencent favorablement ou non les doshas. Et il existe d’autres paramètres en ayurveda que je ne vais pas évoquer ici tels que les saveurs sur le point alimentaire, les gunas (3 énergies de bases), les vayus (les 5 vents principaux) etc. etc.
Dans tous les cas Vata est très important car c’est le premier des doshas. Je vais citer Atreya Smith (célèbre médecin en Ayurveda): “ il est [vata] responsable de tous les processus physiologiques et fonctions organiques en général. Il régit l’énergie, le souffle, les systèmes nerveux et sensoriels et est responsable de l’homéostatie, le bon équilibre de la fonction dans les tissus et les organes. C’est la raison pour laquelle les troubles vata tendent à avoir des conséquences plus graves que ceux des deux autres doshas et affectent souvent l’esprit aussi bien que le reste du corps, par l’intermédiaire des systèmes nerveux qui motive le corps.”

Voilà, je ne sais pas si cela fait sens pour certains. Pour moi, par rapport à des enfants neuro-atypiques qui sont pour la plupart Vata dominant, leur système digestif (deuxième cerveau ou premier ou égal; c’est une autre question) est souvent très perturbé et je constate que la façon dont ils sont nourris n’est vraiment pas favorable pour soutenir le système digestif. Autre aspect notable, ces enfants sont agis par l’espace, l’air, le vent, le mouvement. Il n’es pas rare de voir certains d’entre eux se mettre à tourner sur eux même, souvent avec le sourire et la plupart des gens trouve cela fantastique or ce ne l’est pas, ils s’isolent davantage. Ils auraient besoin d’ancrage, de revenir au sol. Beaucoup de TDAH marche sur la pointe des pieds… Je dis souvent attention à la musique aussi. Je constate que cela peut beaucoup les perturber et déclencher des crises ou à nouveau les isoler s’ils sont “pris” par une musique en particulier.

Petite précision: les doshas sont aussi influencés par l’âge: 0 à 16 ans kapha domine, de 16 à 50 c’est pitta et à partir de 50 c’est vata; par les saisons: automne vata dominant (la rentrée scolaire ne se fait donc forcement au bon moment… Après le feu de l’été, l’automne est plutôt propice au repos), hiver et début de printemps: kapha, fin du printemps et été pitta; et les heures d’une journée; le climat (les jours de vent, je sais que la journée va être plus difficile pour certains enfants; l’alimentation et le mode de vie.

Donc à méditer! Comment par le yoga nous pouvons ramener de l’ancrage, équilibrer les énergies…

Finalement j’ai été très longue comme d’habitude et je tien à m’excuser si des praticiens en Ayurveda me lieront, mon propos est très général et un peu caricatural!

Audrey.

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Au contraire, merci pour la générosité de ton partage Audrey !