La Sauterelle : monter haut est-il synonyme d'avoir un dos fort?

Quand vous voyez un de vos élèves monter très haut le buste dans la posture de la Sauterelle, vous dites que « il a beaucoup de force dans le dos », c’est-à-dire un dos très musclé?

Bonjour,

Étant moi même "en difficulté " pour Monter haut, j’indique toujours que l’essentiel est de chercher l’allongement corporel, la conscience de l’engagement musculaire postérieur, la respiration, l’aide De l’engagement du pubis dans le sol. Des briques peuvent aussi être un « Support ».

Merci pour ce que vous faites Muriel, c’est Top!

Un grand merci pour tes encouragements Karine (je me permets de te tutoyer) !
Oui, je suis d’accord pour la consigne qui consiste à plutôt chercher à éloigner la tête du bassin (ce que tu appelles allongement), plutôt qu’à chercher à monter haut.

Parfait pour la conscience de l’engagement musculaire postérieur ou de la respiration.

Je n’ai jamais pensé à proposer l’engagement du pubis dans le sol (d’où l’intérêt de mettre en commun, sur ce forum, nos consignes :smiling_face_with_three_hearts: ). Je focalise beaucoup sur le départ du mouvement depuis le périnée à la place, mais je vais tester ta consigne !

Merci pour ton partage.

Les photos sont assez intéressantes car elle me font réfléchir sur cette notion de dos fort – de quoi parle-t-on quand on dit ‹ dos ›? Dans la variante avec les mains en l’air et le torse très relevé, le corps semble plutôt reposer sur les cuisses que sur le pubis. On travaille certes le haut du dos – mais le bas, je suis moins sûr. En revanche, la variante très couchée avec juste les jambes relevées, on a clairement un fort engagement du bas du dos.

Je fais l’analogie avec Navasana – un Navâsana très haut n’est pas forcément le plus « dûr », le plus dur pour moi est celui où on reléve les jambes et le torse à peine – les abdos doivent alors plus gainer que si on met les dos plus haut, ce qui fait que plus de poids est naturellement transféré dans les fessiers et les muscles ont moins à « tenir ». Peut-on dire la même chose avec la sauterelle?

Ta question concernant la personne avec des douleurs lombaires est très pertinente – moi-même j’ai « découvert » cette posture grâce à mon kiné suite à des problèmes lombaires. Je dirais, si on va en longeur/allongement, cela muscle et c’est bien. Si on va vers le haut, on pourrait risquer recoincer le disque aplati/déplacé et faire peut-être plus de mal que du bien. Mais tout dépend du « stade » des douleurs lombaires. Pour la flexion arrière, je ferai plutôt une table à deux pieds dans ce cas…

Cher Philippe,

Merci pour ton partage et tes réflexions.

Je suis un peu embêtée parce que tu déflore la pépite anatomique de la semaine prochaine :sweat_smile: . Du coup, je ne vais pas te répondre pour l’instant, si tu permets, je vais laisser chacun commenter.

Pour te faire cogiter quand même, je soulève deux points importants :

  • Dans Navasana, la notion de hauteur (très relevé ou très proche du sol) est surtout liée aux bras de levier créés par la pesanteur. C’est le même principe que quand tu portes une casserole pleine d’eau. Elle pèse plus lourd si tu as les bras tendus, que si tu la portes proche de ton centre de gravité, qui est en gros ton nombril.
    Donc, dans Navasana, ta tête pèse plus lourd à porter car elle est plus éloignée du nombril quand tu es proche du sol. Pareil pour les jambes.
    Je ne sais pas si j’arrive à être claire. Je te laisse réfléchir à ça.

  • L’extension de la colonne vertébrale, (c’est-à-dire le fait de monter haut dans la sauterelle) = back bend = est plutôt bénéfique pour le disque intervertébral (qui est repoussé vers l’avant) mais souvent douloureuse au niveau articulaire (convergence des vertèbres vers la fermeture)…

Bonne réflexion :slight_smile:

C’est vraiment une posture intéressante. On parle de force du dos, mais j y vois également un besoin de force ou d engagement du transverse pour ne pas pousser avec l’abdomen dans le sol et pour donner de l’espace entre les vertébres. On cherche donc un prolongement axial avec grainage avant d’utiliser les muscles du dos pour gagner en hauteur. Ceci dit, la hauteur peut représenter un dos fort à condition qu il n y ait pas de cassure, ce qui démontrerait une région faible du dos. Les variations de la sauterelle ne suggèrent pas les mêmes engagement, mais le transverse, lui, doit impérativement être sollicité. Pour moi aussi, le pubis ancré est un « cue » utilisé, ça évite de pousser le ventre au sol.
La position de la nuque m’apparait apporter une nuance dans la hauteur que peut gagner le haut du dos. En regardant le sol, avec les bras de chaque coté des oreilles de surcroît, la longueur du levier ne permettra pas d aller bien haut. Le regard devant, sans casser la nuque me laisse l impression que les érecteurs du rachis (?) pourront se contracter davantage et participer à l élévation du torse.

Je colle ici quelques remarques de lectrices.

Pour la sauterelle, moi aussi je guide en disant expirer, coller le pubis dans le sol puis inspirer étirer et monter le dos. Petite question, pourrait-on tout gainer et monter sur l’expiration ? Ou ça n’a pas de sens ?

Pour moi l’amplitude se regarde dans l’articulation de la hanche et sa capacité à aller en extension dans la posture de la Sauterelle.

Étirement vers l’avant et l’arrière (pas très anatomique mais vous voyez l’idée :sweat_smile: L’idée ne consiste pas à cambrer mais bien à s’allonger ds l’espace = amplitude

J’imagine que ça dépend aussi de l’espace intervertébral à l’arrière, que les personnes qui ont de l’arthrose et des becs de perroquets auront une faible amplitude que la forme des articulations ?

Je me lance … Pour moi l’amplitude dans la sauterelle, ce n’est pas la hauteur atteinte des jambes ou le buste. C’est la qualité de l’extension.

À mon avis, l’amplitude commence avec l’allongement (les jambes à l’arrière / le sommet du crâne à l’avant ).
Plus on s’allonge et + l’extension est naturelle. Et du coup l’amplitude est repartie partout.
Et évite de comprimer les lombaires.

Les muscles fessiers, les ischios-janbiers et ceux du dos (tous les petits le long des vertèbres, j’ai oublié les noms :face_with_peeking_eye:). Et les fléchisseurs de hanche.

Bref mes consignes principales sont : absorber le nombril,
Allongez le sommet du crâne vers l’avant - autograndissez vous -
Étirez les orteils loin vers l’arrière,
avant de vous élever .

Pour les élèves qui ont peur de se faire mal, commencer un membre après l’autre.
Faire des répétitions et on voit une amélioration de ce que je pense être l’amplitude, l’extension.
Alors quelle est la bonne réponse ?

Mes réponses :

Oui bien sûr tu peux gainer le « soulever de terre » sur une expiration. Au contraire ça a beaucoup de sens surtout pour les élèves douloureux => tu favorises l’engagement du transverse, l’autograndissement. En pilates, la montée est classiquement guidée sur une extension. C’est très sécurisant, Ça devient ensuite difficile de monter sur une inspire :slight_smile:
Ce n’est pas souvent guidé sur l’expiration en yoga : le plus souvent l’enseignant guide « soulevez en inspirant »

Après il n’y a pas de bon ou de mauvais guidage et de juste réponse, il y a seulement une progression :

•⁠ ⁠Ma préférence va à l’autograndissement sur une expiration à partir du périnée. Donc une recherche d’allongement et pas de cambrer. Jambe par jambe si besoin

•⁠ ⁠⁠Cette manière de guider est hyper protectrice pour des élèves douloureux. Elle permet de prendre confiance +++

•⁠ ⁠⁠Mais si vos élèves sont en bonne santé, qu’ils ont un bon engagement des bandhas : il n’y a aucun problème pour aller vers l’extension et même guider ainsi : Soulevez en inspirant / Maintenez en grandissant et en expirant …